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Santéfication – Conférence avec Mgr Barbarin –

mercredi 7 janvier 2015.

La santé, une mission prioritaire pour les chrétiens 
Avertissement : il s’agit de notes prises par le père Gabriel Pigache ; le cardinal Barbarin ne les a pas
relues, et elles ne l’engagent nullement.
Mgr Barbarin était l’invité de la soirée Santéfication, la pastorale des jeunes professionnels et
étudiants de la santé du Diocèse de Lyon, ce mercredi 7 janvier 2015, à la Maison St Jean-Baptiste.
Une cinquantaine de jeunes de toutes professions de santé (médecins, infirmières, pharmaciens,
sage-femmes, ergothérapeutes,…) s’étaient déplacés, pour partager le repas, puis pour écouter le
cardinal, échanger et débattre sur le thème : « la santé, une mission prioritaire pour les
chrétiens ».
Après une présentation très personnelle de son histoire, le cardinal nous a livré deux convictions
qui le conduisent à affirmer que les professionnels de la santé sont des personnes à qui annoncer
l’Evangile en priorité.
Premièrement parce que les professionnels de la santé feraient partie, avec les élus et les
enseignants, des catégories de personnes auxquelles les français font encore confiance. Précieuse
confiance, qui ouvre la parole et soutient le lien social. Confiance sur laquelle les chrétiens, au nom
de l’Evangile, veillent comme pierre précieuse. Les professionnels de santé, à cause de la confiance
qui leur est faite, sont aux avant-postes de la mission des chrétiens. Ils méritent toute leur
attention, tout leur soutien.
Deuxièmement parce dans la foi en l’Incarnation, les chrétiens croient en la valeur sacré du corps
humain. Corps donné pour se consacrer au service de l’Eglise, corps offert dans la vie conjugale,
corps livrés dans les efforts quotidiens des hommes à la recherche de leur salut. Le corps humain,
porté en haute estime par les chrétiens, mérite lui aussi qu’on soutienne passionnément ceux qui
ont la charge de le soigner.
Partant de ces deux affirmations, le débat s’est ouvert.
Une première étudiante, ergothérapeute rappela la difficulté de garder l’espérance face au grand
handicap. Mgr Barbarin nous fit remarquer qu’espérer, au sens fort de l’eschatologie chrétienne,
ce n’est pas « attendre que ça aille mieux », c’est vivre dans l’assurance d’être dans les mains de
Dieu.
Une deuxième étudiante, en médecine, fit part de son désarroi devant la demande d’un patient en
fin de vie demandant à mourir. Le Cardinal souligna ici l’attitude charitable de cette jeune
soignante qui accompagnant une personne faisant face à de graves souffrances incurables, désira,
sans la donner, qu’elle meure. Nous sommes ainsi encouragés à prier, et dans la mesure où la mort
peut être envisagée comme l’ultime libération, que cesse une vie de souffrances.
Puis, la soirée s’est poursuivie en petits groupes, autour de trois questions :
pourquoi selon vous la mission est-elle une mission prioritaire pour les chrétiens ?
Qu’est- ce que vous souhaiteriez dire à l’Eglise ?
Quels soutiens concrets (quels « équipements ») attendez-vous de l’Eglise pour vous
soutenir dans vos professions et métiers de soignants ?
Du débat en assemblée qui a suivi, j’ai retenu deux questions :
Comment l’Eglise peut-elle tout à la fois professer un grand respect pour le corps humain et
recommander aux fidèles de se « mortifier » ? Pourquoi St Jean-Paul II a-t-il pratiqué sur son
corps des mortifications ?
La mortification est un moyen par lequel le fidèle est invité à discipliner et à unifier son
corps. Les mortifications traditionnelles de l’Eglise sont les flagellations, le port de silice et
le jeûne. Elles rappellent les souffrances du Christ dans sa passion. En s’appuyant sur ces
traditions, les chrétiens sont invités à communier, en toute humilité et en se gardant de
toute recherche de perfection, aux souffrances du Christ. Il s’agit d’une démarche
pratiquée « dans le secret » (Mat 6,6), qui ne devrait jamais être révélée.
Quelle réponse donner à une femme qui me demande, à moi qui suis sage-femme, de lui
prescrire une pilule contraceptive ?
En toute charité chrétienne, vous vous adapterez à ce que votre interlocutrice peut
entendre. Ainsi dans la Bible les commandements de Dieu sont donnés progressivement et
dans un certain ordre : d’abord l’amour de Dieu et du prochain, puis l’interdit du meurtre,
du vol et du mensonge. De même on ne peut exiger de quelqu’un qu’il pratique d’un seul
coup toute la morale chrétienne, mais seulement graduellement. En pédagogue, vous
trouverez les mots pour guider cette personne, au point où elle en est, pour qu’elle
choisisse en liberté et en vérité ce qu’il convient de faire ce jour-là.
Une prière de louange finale, animée par Santéfication-étudiants, a clôturé la soirée.
Un grand merci à Pauline, Clémence, Claire-Lise, Anne, Camille, pour l’organisation et
l’animation de la soirée !
P. Gabriel Pigache sj, accompagnateurs des groupes Santéfication.