Retour 8 Décembre

 

Le 8 Décembre 2014 : une Fête, et des prières …
Il est 22 heures passées de quelques minutes (ces « quelques minutes » qui donnent leur charme au quart d’heure Lyonnais), lorsque la Basilique, encore emplie de chants ouvre ses portes pour laisser le passage a la procession des célébrants …
Les milliers des Lyonnais, et principalement en cette soirée, les milliers de jeunes qui viennent d’assister à la messe en l’honneur de l’Immaculée Conception ont tous un visage et un sourire qui ne disent que deux mots : « Merci Marie ».
Mais revenons un peu en arrière, plus tôt dans cette soirée du 8 Décembre 2014 aux alentours de 18 heures sur la place Saint Jean, au pied de notre Cathédrale. Cette place qui se vide et se remplit depuis 4 jours au rythme du spectacle lumineux « Color or not » d’Yves Moreaux … La place est en ce début de soirée victime d’un étrange attroupement … De centaines, et même des milliers de personnes se rassemblent, téléphones mobiles dans une main pour se rejoindre, une bougie dans l’autre attendant sagement, patiemment dans le froid de ce début d’hiver ! Au détour des conversations quelques mots se font entendre « nous sommes venus pour remercier Marie », « nous venons prier autour du Cardinal pour les Chrétiens d’Irak », et autres « ah quelle belle fête » qui coupent franchement avec les « allo t’es où » qui se font entendre aux quatre coins de la place.
Trois séminaristes sortent de la Primatiale, flambeau en main, et en quelques minutes ce sont des centaines de cierges qui s’embrasent dans l’attente de Mgr Barbarin et du départ de la procession. Le cortège se met doucement en place, les cierges continuent à s’allumer et le recueillement se fait de plus en plus perceptible. Des jeunes se massent en nombre autour du cortège pour être au plus près de leur évêque pour la montée à la Basilique de Fourvière. Le cortège se met en branle et les prières s’égrainent tout au long du Chemin Neuf avec une apothéose atteinte lorsque sur la place de Fourvière au pied de la Basilique -coeur des célébrations Mariales de la fête de l’Immaculé Conception- Mgr Barbarin demande aux fidèles qu’ils l’ont suivi de se tourner face au séminaire pour un Notre Père qui fera s’emplir l’air d’une parfaite communion.
La célébration s’ouvre et les jeunes -et moins jeunes qui ont réussi à passer entre les mailles du filet- sont suspendus aux lèvres des célébrants. Mgr Barbarin nous fera don d’une formidable homélie et d’une belle catéchèse sur la Parole, la Parole Divine : « qu’il soit fait selon ta Parole ». Cette parole au centre des célébrations, la Parole de Dieu qui nous façonne, qui nous aide à avancer et nous permet d’être dans une réflexion constante sur notre chemin vers Dieu.
Fin du flashback … Retour donc à cette sortie de Messe, et à cet envoi des jeunes pour partager la bonne parole, pour donner cette bonne parole …
Au fil des conversations nous croisons des jeunes de tous horizons, Lyonnais « pur souche », Lyonnais de passage -pour les études où le travail-, étrangers en vacances ou en visite … Tous ont les mêmes mots en bouche : « Merci Marie » … Mais pourquoi ce « merci » … Qu’indique t’il ? Beaucoup vont nous réciter l’histoire de Lyon comme la source de leur « Merci » ! Certes nous n’avons pas connu d’épidémie de peste, ni d’invasion Prussienne depuis quelques années, mais pourquoi alors continuer à dire « Merci » à la Sainte Mère de Dieu tous les ans ? Pourquoi cette tradition est elle si ancrée dans la vie de la ville ?

Romain, 24 ans, futur ingénieur en agronomie, semble donner le meilleur résumé de cette question : « Nous remercions Marie, pour sa protection toute l’année, depuis près de 500 ans, elle veille sur nous et sur notre ville, et nous permet n’importe où que nous soyons dans la ville, de nous tourner vers elle à chaque minute de notre journée pour lui confier nos prières et nos intentions, pour lui ouvrir notre coeur et lui dire tout notre Amour … ». Merci Romain, nous aurions pu nous arrêter sur ton témoignage puisque nous avons grâce à toi un magnifique résumé de notre vie de jeune Chrétien au sein du Diocèse de Lyon !
Rapprochons nous d’un autre groupe, emmené joyeusement par Pierre (non non non pas celui qui doit être la pierre sur qui le Christ bâti son Eglise, non, simplement Pierre, paysagiste de 27 ans, originaire de Bron) « -bah euh- je viens tous les ans pour être avec mes amis, pour monter confier mes intentions de prière (ma famille, mes amis, mes proches) à la Sainte Vierge, qu’elle lise dans mon coeur ces intentions et qu’elle puisse me protéger et me bénir tout au long de l’année ». L’une de ses amie, qui ne souhaite pas rester anonyme, Jeanne -étudiante en psychologie clinique à Lyon 2- ajoute « c’est une tradition, je suis Lyonnaise et je respecte cette tradition. Je suis catholique de tradition mais je ne pratique pas, j’aime cette montée à Fourvière et je viens presque tous les ans, mais simplement pour perpétuer une tradition, pas pour prier, pour être avec mes amis, dans la joie et la bonne humeur ». Pierre restera de marbre à ces paroles mais avec une joie d’être avec cette amie, avec son amie.
Nous redescendons de la « colline qui Prie » pour nous rendre dans le centre-ville qui « fait la fête ». Après un détour par la place Bellecour et une belle mise en image de l’histoire du Petit Prince (à qui ne je n’aurais pas dessiné un renard) nous croisons un nouveau groupe de jeunes, pas loin de la « veilleuse » des Jacobins, qui sera assez affable malgré la musique s’élevant du monument qui incite plus à la sieste et au sommeil … Bref … Marie, 17 ans, en Terminale au Lycée du Parc grommelle « c’est bien joli toutes ces lumières, mais où sont passés les lumignons au fenêtres ? Et c’est quoi cette grosse boule à facettes au dessus de la Basilique ? C’est vraiment n’importe quoi » (-non ce n’est pas n’importe quoi Marie, rassure toi, c’est simplement l’esprit du disco qui reviens-). A ses cotés Nathalie, aussi lycéenne ajoute « non mais calme toi, c’est cool c’est la fête puis y a pas besoin d’avoir des bougies aux fenêtres pour dire merci à la Vierge … On peut aussi dire merci dans son coeur en faisant la fête ! ». Tous acquiescerons … « On peut dire merci en faisant la fête » …
Nos investigations nous poussent jusqu’au fin fond de la Presqu’ile aux alentours de la place des Terreaux, ou deux beaux amoureux se promènent main dans la main, le regard émerveillé par les façades de la place qui s’agitent au rythme de la musique. Léo (jeune pro originaire de Bolivie) et Claire (qui fait tellement de belles choses de sa vie qu’il serait ici impossible d’en rendre compte sans écrire un ouvrage de la taille de l’Ancien Testament, mais elle nous a assuré qu’elle ne nous en tiendrais pas rigueur, merci à elle), Lyonnaise de coeur, mais Stéphanoise de naissance (eh oui) parlent en coeur « c’est bien d’aller à l’Église pour cette fête (NDLR : ils sont allés à St Bonaventure pour la célébration de l’Immaculé Conception), mais c’est sympa aussi d’aller dans la rue, de voir toutes ces belles illuminations … Et puis on rencontre plein de gens qui viennent de partout dans le monde, c’est super de pouvoir partager leurs expériences, et ce qu’ils ont vu … ».
Effectivement, les journaux ont indiqués que près de 3,5 millions de visiteurs se sont rassemblés à Lyon sur les quatre jours de l’évènement (300000 selon la Police, 36000000 selon les Services Diocésains) pour non seulement admirer les lumières, s’émerveiller devant les spectacles et les jeux de lumière présentés par la Ville, mais surtout -et avant tout- ce qui tient l’évènement, ce qui a fondé l’évènement, c’est la célébration et le remerciement de la Vierge Marie.
Grâce à elle, nous sommes tous conviés pour quelques jours à vivre, à partager, et à communier, d’où que nous venions … Tous ces jeunes que nous avons croisés ce soir, sont vraiment dans ce partage, dans cette communion et cette envie d’aller de l’avant, dans la joie et sous la bénédiction de la Vierge Marie.

Il est presque une heure du matin, les lumières s’éteignent, et la fête des lumières dévisse ses ampoules, en nous donnant rendez vous l’année prochaine pour de nouveaux beaux moments

 

Erwan Charvet, pour la Pastorale des Jeunes du Diocèse de Lyon