Des JMJ Rio 2013 pimentées ! Retour…

Comment résumer ces trois semaines de pèlerinage intenses vécues à Cayenne puis à Rio de Janeiro ? Le premier mot qui me vient à l’esprit c’est lajoie omniprésente pendant ces JMJ. Dès notre arrivée à l’aéroport Félix Éboué à Cayenne nous avons été accueillis en musique et en danse par les guyanais . Un bain de chaleur humaine qui s’est retrouvé tout au long du séjour que ce soit à l’externat Saint Joseph où nous étions hébergés par les soeurs de Saint Joseph de Cluny, lors des célébrations et lors des missions dans la ville Cayenne. L’occasion pour les jeunes lyonnais de découvrir une autre manière d’exprimer sa foi en chantant en créole et en dansant. Une joie que nous avons également retrouvée à Rio de Janeiro avec l’accueil chaleureux que nous ont réservé les familles de la paroisse Santa Teresinha do Menino Jesus. Joie de visiter les beautés de Rio : le Pain de sucre et le Christ Rédempteur au Corcovado. Joie présente partout dans Rio : dans les rues, sur la plage de Copacabana. Les brésiliens nous partagent leur foi avec beaucoup de festivité, de joie et dynamisme ! Sur la plage à Copacabana la ferveur est immense drapeaux de tous les pays, photos, chants, danses, prière. La foule de jeunes estimée à 3,7 millions de pèlerns, venant de 175 pays chante à l’unisson, écoute le Pape François qui nous appelle à aller vers les autres. Par son sourire permanent, sa proximité, ses gestes simples, ses paroles percutantes le pape a su toucher nos cœurs et nous encourage à agir « il faut une Église qui sache réchauffer le cœur ».

Le deuxième mot qui résume ces JMJ 2013 c’est la Foi. Le thème de ces JMJ « allez de toutes les nations faites des disciples » nous a invité à devenir missionnaires. A Cayenne, tous les matins nous avons eu des temps d’enseignements pour nous préparer à partir en mission en groupes (casinha) dans Cayenne. Mgr Lafont, évêque de Cayenne, est venu nous apporter un éclairage sur la mission et cela commence par se former et travailler la parole de Dieu. Mise en pratique l’après-midi par des temps de mission dans la ville de Cayenne : porte à porte, maison de retraite, auprès d’enfants, sur la plage… Partout les jeunes sont allé à la rencontre des cayennais pour témoigner de leur foi. Une démarche loin d’être facile mais qui s’est bien passé et a suscité de nombreuses rencontres et échanges profonds. Au retour de mission des temps en casinha ont permis de verbaliser et partager le vécu et ressenti de chacun. Le point d’orgue de la semaine missionnaire à Cayenne a été le festival de la jeunesse place des palmistes. Deux jours de festivités où se sont succédés : procession, temps de louange, d’adoration, chants, représentation du spectacle Futur Simple, danses irakiennes avec les caldéens. Au cours de la dernière célébration place des palmistes, Vianney Irénée un jmjiste lyonnais a été baptisé, confirmé et a reçu pour la première fois la communion. Un temps fort pour les 700 jmjistes réunis à Cayenne et les cayennais venus prier avec nous. Cette semaine missionnaire aura été l’occasion de devenir missionnaires et de découvrir le diocèse de Cayenne. Une église de Guyane dynamique avec de nombreux jeunes engagés qui expriment leur foi avec beaucoup de ferveur et de rythme !

Le troisième mot c’est l’imprévu. Le programme a été chamboulé par de multiples événements . En premier lieu l’accident de bus d’un groupe de Paris dans lequel une jeune jmjiste est décédée. Un événement dramatique qui nous a tous touchés. Dès que nous avons appris la nouvelle, la première réaction a été de prier pour Sophie, sa famille, ses amis, les jmjistes de Paris. Et le soir même de l’accident une veillée de prière a réuni des milliers de personnes dans la Cathédrale Saint Sauveur à Cayenne. Un témoignage touchant de foi durant lequel les jmjistes lyonnais ont entourés leurs frères parisiens. Autre chamboulement : sur place à Cayenne nous avons appris l’annulation de notre vol entre Cayenne et Rio suite à un problème technique de l’avion. Nous avons dû retrouver un nouvel avion pour rallier Rio et signer un nouveau contrat de vol. Dans ce cas là il faut trouver une nouvelle compagnie, avoir les autorisations de décollage et d’atterrissage des autorités françaises et brésiliennes et enfin trouver une date et les horaires. Démarches qui prennent du temps. Après quelques jours de négociations, il a été décidé que les diocèses débloqueraient les fonds pour que les jmjistes puissent aller à Rio. Une compagnie américaine a été trouvée. Après organisation des rotations de vol avec les guyanais, les ébroïciens et les parisiens, les lyonnais sont partis en dernier de Cayenne. Nous sommes restés cinq jours de plus en Guyane avant de pouvoir arriver à Rio. Nous avons pu compter sur la solidarité Cayennaise pour nous soutenir dans ce temps d’attente incertain de la part des Soeurs Saint Joseph de Cluny, de l’équipe JMJ de Guyane, des paroissiens, de l’équipe municipale de Cayenne, du cabinet du préfet et de l’ambassadeur du Brésil. Ainsi l’organisation de la logistique et le programme des pèlerins bloqués s’est organisée sur place jour par jour. Pendant ces jours d’attente nous avons continué notre route JMJ en communion avec Rio et nous avons également profité des beautés de la Guyane : plage, zoo, émergence et ponte des tortues luths. Tous ces imprévus successifs ont demandé à chacun de poser un acte de foi, de faire confiance en la providence et faire l’expérience de l’abandon. Ces imprévus ne sont pas sans rappeler la tempête qui s’était abattue à Cuatro Vientos lors des JMJ de Madrid en 2011. A cette occasion Benoît XVI nous avait dit : « Vous avez résisté à la pluie. Avec le Christ, vous pouvez affronter les épreuves de la vie. Ne l’oubliez jamais ! » Des mots qui se sont appliqués à la lettre lors de ces JMJ 2013 . Quand le pape François a pris la parole à Copacabana lors du we final et nous a dit « Quand nous affrontons ensemble les défis, nous sommes forts, nous découvrons des ressources que nous ne pensions pas avoir. » ses mots nous ont plus que parlé ! Malgré les chamboulements de programme le groupe lyonnais est resté solidaire. Et le pape poursuit : « Je crois que nous pouvons apprendre quelque chose de ce qui s’est passé ces jours-ci, du fait que nous ayons annulé la veillée à Campus fidei, à Guaratiba, à cause du mauvais temps… Peut-être que le Seigneur veut nous dire que le véritable « champ de la foi » (Campus fidei) n’est pas un lieu géographique, mais chacun de nous. C’est vrai : chacun de nous, chacun de vous, moi, tout le monde… Et être missionnaire, c’est savoir que nous sommes un « champ de la foi » pour Dieu. Allons de toutes les nations, faisons des disciples !

Marie Quioc

Le Pape François nous a invités aux prochaines journées mondiales de la jeunesse à Cracovie, en Pologne, en 2016.